plutôt haute et maigre, aux épaules carrées et au visage empreint de bonté, plus enclein à la méditation qu'au sourire, toujours aimable et courtois et toujours disposé à la conversation. Je voyais en lui, au point de vue physique et dans sa façon de marcher une étrange ressemblance avec le Premier britannique M. Mac Millan. Après m'avoir fait visiter son jardin et m'avoir indiqué du doigt, vers le Nord, où la Meuse se rétrécit à cause de la distance, les bois où il va d'habitude chasser le sanglier, it me conduisît dans la bibliothèque. Une petite bibliothèque contenante des volumes scientifiques et littéraires vers lesquels je dirigeais mes regards en allongeant immédiatement la main I Auprès de magnifiques éditions du XVI0 et du XVII0 siècle les oeuvres des auteurs contemporains ne manquaient pas: Claudel, Benda, J. Romain, Maurois etc. Voilà, Monsieur, me dit Monsieur Tainturier, en s'installant dans un confortable fauteuil « Frau » encore en parfait état, ma place préférée, où je passe volontiers mes heures de paresse, surtout lorsque •es brumes de la Meuse arrivent jusqu'ici, entourent ma maison jusqu'à la noyer complètement. Ah, me suis-je esclamé, comprenant enfin la vraie signification du terme « paresse » qui m'avait laissé rêveur, c'est à dire le fécond « otium latinorum » I Précisément, poursuivit M. Tainturier de sa voix calme et profonde qui m'impressionnait ; cet « otium » qui s'identifie avec la liberté dans le sens meilleur du terme, cette liberté qui avec la vie n'est qu'une seule et unique chose. La moderne société industrielle a perdu le sens de cette liberté et, partant, en partie la joie de vivre. Le culte de l'activité frénétique a annulé la valeur de l'activité même en transformant l'homme en esclave. Les loisirs, les distractions, le temps libre, de nos jours, ne sont plus une libération mais un aspect divers d'un même esclavage. D'accord ai-je observé, mais c'est tout de même une façon de voir la vie actuelle sous un angle particulièrement pessimiste. Chaque époque a toujours eu ses façons de vivre qui se sont améliorées progressivement en rapport et précisément en force des besoins naturels de l'homme. Je crois donc que la société industrielle puisse trouver elle aussi la façon d'offrir à l'homme une activité agréable et intéressante qui puisse satisfaire ses exigences dynamiques: une sorte de * otium » continuel où le travail soit désirable, qu'il devienne en quelque sorte une agréable activité, au point d’effacer toute distinction entre travail et repos, étant, de toute façon deux moments dialectiques, deux aspects divers du dynamisme de la vie quotidienne qui offrent à l'homme la possibilité de croire fermement en ses forces et en même temps de pouvoir en augmenter le potentiel par ses oeuvres. Départ de Paris — Je te quitte à regret ma chère ville. Je te quitte comme on quitte un ami très cher et qui, comme tel, on aime bien. Tu m'étais, désormais, devenue familière, et parmi tes habitants si aimables et généreux je me sentais déjà à mon aise. Le « Duo » avec eux était toujours possible, vif, intéressant, comme cela peut exister seulement entre interlocuteurs qui, sur le plan de la discussion libre, se considèrent égaux par le même fait qu'ils possèdent tous deux la faculté de penser. Ainsi, il me semble d'avoir vraiment compris ce qu'est le jumelage, sa nécessité, son importance, sa fonction. —- C'est une recontre. La rencontre d'idées nouvelles, d'expériences diverses, de façons de voir et de penser différentes : une inépuisable incitation à la communion féconde qui stimule notre propre ferveur, qui donne la mesure de nos propres capacités et de la valeur des autres ; qui engendre une profonde conscience morale et sociale. Certainement, le fait de pouvoir sans aucune présomption, se rencontrer d'homme à homme, pour échanger nos idées sur n'importe quel argument, sans aucune intention de convaincre, mais avec le désir d'apprendre, sans la prétention d'obtenir des effets d'éloquence, mais pour apprendre à connaître et à se faire connaître. Il n'y a personne au monde qui sur ce plan ne puisse comprendre de quelle manière tous les problèmes peuvent être résolus; les problèmes des hommes, des villes, et ceux des nations, et aussi la certitude que tous ces problèmes peuvent être résolus par ce moyen absolument pacifique, efficace et vraiment constructif. ALDO ANTON IOLI La Raffineria ICIP La raffinerie I.C.I.P. est située sur la côte orientale du Lac inférieur de Mantoue et elle occupe une superficie de 510.000 m.2 dans la localité Frassino. Son activité a commencé en décembre 1953. Un entrepôt côtier à Porto Marghera, de la capacité de 55.000 Jnnes, reçoit les pétroliers provenant surtout du Moyen Orient ; de Marghera le pétrole brut est envoyé à la Raffinerie. Jusqu'à il y a quelques semaines, l'envoi de la matière première ait lieu au moyen de petits pétroliers fluviaux de 700-1000 tonnes icun et de trains ; à présent un pipeline du diamètre de 25 cm. relie directement le dépôt côtier de Porto Marghera aux réservoirs de al Raffinerie et il est à même, non seulement de satisfaire les besoins actuels mais aussi les plus grandes nécessités prévues par les développements futurs de l'établissement. La raffinerie dispose de deux installations de distillation atmosphérique, d'une installation de « Plastforming » pour la production d'essences et de super-carburants et de deux unités de raffinage chimique pour la production de carburant pour turbo-réacteurs, pétrole d'éclairage, domestique etc. Un parc réservoirs de la capacité de 200.000 m.3 environ permet de faire face aux difficultés revenant à chaque saison et de produire tous les types de carburants et de combustibles demandés par les marchés national, suisse, autrichien, allemand. 5 6 De modernes outillages de « Movimentazione prodotti », un laboratoire chimique avec des appareils de contrôle modernes, des possibilités très aisées de charge et d'expédition des produits, donnent à la Riffinerie I.C.I.P. une sûre garantie de rendement, de rapidité et surtout de respect consciencieux des exigences des marchés. L'établissement I.C.I.P. qui donnent actuellement du travail à quelque 320 personnes (y compris Marghera) fait partie du groupe TOTAL dont la Maison principale est la « Compagnie française des Pétroles ». La SICEDISON Les établissement chimiques du groupe Edison à Mantoue couvrent une superficie de 1.350.000 M2 à peu près. Dans cet ensemble, relié au moyen de lignes de transports d'énergie électrique à des centrales particulars, et situé au centre de la plaine du Pô (ce qui favorise les transports par terre et par mer) on réalise la chimie de l'éthylène par la voie pétrole chimique, outre l'électrolyse du chlorure de sodium. Le début de l'activité dans les premières installations de cet sen-semble de Mantoue remonte à 1957; cette année — là les compartiments du groupe clore-soude qui fournissent chlore, soude caustique, hypochlorite de sodium et acide chlorhydrique ont commencé à produire. A la même année remonte le début de la production des matières plastiques. Les premiers mois de 1958 ont commencé leur activité les installations de € craking » de l'essence de première distillation avec les productions d'éthylène et de propylène. Le propylène est changé ensuite en « tetramero » de propylène qui, combiné avec le benzol donne le « dodecilbenzolo », matière première pour la fabrication de détergents synthétiques jusqu'ici importée en Italie sur une grande échelle. Les années suivantes la production a sensiblement augmenté lors de l'exploitation d'autres installations. L'établissement de Mantoue produit aujourd'hui, outre ceux qu'on vient de nommer, les produits suivants: éthylène, prophylène, Etilben-zolo, Stirolo Monomero, Dicloro, Etano, Fenolo, Acetone, Anidride Ma-leica, Monilfenolo, Cicloesanolo, Cicloesanone et d'autres. Cet établissement de Mantoue est, après celui de Ferrare, le plus important d'Italie. La Cartiera BURGO L'établissement est situé sur la rive septentrionale du lac, formé par le Mincio et par ses déversoir, au Nord de Mantoue. Quant aux lignes de comunication, il est au centre d'importants réseaux routiers, de chemin de fer et fluviaux. L'emplacement total de l'établissement est de 600.000 m.2 environ. La nouvelle installation, dont la mise en train est imminente, a été bâtie à côte de la fabrique de cellulose au sulfite à haut rendement et la complète ; la cellulose ne sera plus déshydratée et envoyée aux autres établissements du groupe BURGO mais elle sera utilisée à Mantoue pour la fabrication de papier à journaux. Les nouvelles installations comprennent : — Le laboratoire d'écorçage ; le laboratoire de defibrage des tron-ces pour la production de pâte de bois, outillé d'un sistème tout a fait automatique pour l'alimentation des rondelles dans les défibreurs. — La machine continue destinée à produire du papier à journaux d'une largeur utile rogné de 7-11 m., à la vitesse théorique de 900 m. par minute. — Les calandres pour la glaçage du papier, propres à fonctionner â la vitesse de 900 m. par minute et les bobineuses projetées pour une vitesse de 1800 m. par minute. Pour le fonctionnement de la nouvelle installation on a construit: une nouvelle station de pompage de l'eau du Lac et une nouvelle centrale thermo-électrique constituée par deux claudières Sulzer a 106 athm. et par deux turbo-alternateurs Escher wysse - Brown - Boveri pour un total de 34.000 K V A. Cet établissement est l'un des plus importants d'Europa et il contient tou les outillages les plus modernes de la technique de la papeterie. Il Bosco Fontana La famille Gonzaga, bien avant 1300 possédait dans le territoire de Marmirolo, une grande et grasse ferme et, ce fut même dans celle - ci que s'ourdit le complot pour abattre les Bonaccolsi, auxquels par la suite, les Gonzaga succédèrent dans la Seigneurie de Mantoue. La famille étant devenue ensuite puissante et riche, la grande ferme se transforma en une splendide villa, à laquelle bientôt s'en ajouta une autre avec château dans le bourg voisin de Goito, à cheval sur le Mincio. Les Marquis qui étaient presque tous de vaillants Capitaines, aimaient les plaisirs de la chasse, exercice assez commun aux « hommes d'armes ». Partant on créa entre les deux villas un parc qui se développa rapidement grâce au sol fertile propice à la pousse des plantes, platanes, frênes, peupliers, érables, charmes, chênes, et à l'abondance des eaux limpides provenant du Mincio encore tout près du Lac de Garde. Ainsi le Parc s'élargissant tout comme s'accroissait la puissance des Gonzaga, s'étendit vers la ville de façon qu'en partant de la réidence les promenades étaient plus faciles et plus rapides. C'est à l'époque du Marquis François (1484-1519) que le Parc atteignit sa plus grande extension, et de Goito, arrivait à Marmirolo, effleurait le Mincio aux environs de Soave et arrivait à 4 Km. seule- 7 8