t _ IL PORTICO MANTOVA I AGOSTO 1970 | LIRE 800 SPEDIZIONE IN ABBONAMENTO POSTALE IV GRUPPO TEATRO E CORPOREITÀ suffit que je voie quelque chose pour savoir la rejoindre et l’atteindre, même si je ne sais pas comment cela se fait dans la machine nerveuse. Mon corps mobile compte au monde visible, en fait partie, et c’est pourquoi je peux le diriger dan s le visible. Par allieurs il est vrai aussi que la vision est suspendue au mou vement. On ne voit que ce qu’on regarde. Que serait la vision sans aucun mouvement des yeux, et comment leur mouvement ne brouillerait-il p as les choses s’il était lui-même réflexe ou aveugle, s’il n’avait pas s es antennes, sa clairvoyance, si la vision ne se précédait en lui? T ous mes déplacements par principe figurent dans un coin de mon paysage, sont reportés sur carte du visible. Tout ce que je voi s par pricipe est à ma portée au moins à la portée de mon r gard, relevé sur la carte du « je peux ». Chacune des deux c artes est complète. Le monde visible et celui de mes pr ojets moteurs sont des parties totales du même Être. Cet extraordinaire empiétement, auquel on ne song e pas assez, interdit de concevoir la vision comm e une opération de pensée qui dresserait deva nt l’esprit un tableau ou une représentation du monde, un monde de l’immanence et de l’idéalité. Immergé dans le visible p ar son corps, lui-même visible, le vo yant ne s’approprie pas ce qu’il v oit: il l’approche seulment par le regard, il ouvre sur le monde. Et de son côté, ce monde, d ont il fait partie, n’est p as en soi ou matière. M on mouvement n’est pas une décision d’e sprit, un faire abs olu, qui décrété rait, du fond de la retrai te subjec tive, q uelq 11A y